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        <title>La guerre était finie</title>
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        <updated>2026-10-26T18:35:57+01:00</updated>
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<p><a href="https://poesieeconome.stripesandstrings.org/media/files/Anne_la_guerre_etait_finie_.mp3">La guerre était finie - audio</a></p><h2 id="text">Text</h2>
<p>Je pose le décor : il fait trop chaud, l’orage approche.<br>Je pose le décor rien de plus je le pose là.<br>Tu es dedans<br>Toujours<br>Je pose le décor là comme ça je peux te parler<br>//<br>Je te dis que je suis allée au Ruanda en 1993. C’était l’été, la guerre était finie.<br>On m’a dit que la guerre était finie.<br>J’ai écrit un rapport dans un cahier aux feuilles marron, avec des stylos de couleur différente. J’avais 17 ans.<br>En récupérant le billet d’avion j’ai appris que collaboratrice voulait dire secrétaire.<br>On m’a trimballée en jeep dans les avenues du colonialisme. Les routes étaient sableuses.<br>J’ai inquiété les paysans des collines avec mes taches de rousseur ; ils croyaient que j’avais une maladie de peau atroce.<br>Les avocats poussaient un peu partout ; l’arbre ressemble à un cerisier.<br>Je ne t’ai pas parlé de ma peau.<br>On m’a dit que la guerre était finie.<br>//<br>Tu m’as dit que ça sentait le bois frais.<br>Je suis vieille maintenant toute ma maison est comme ça.<br>Quand je pousse la porte l’odeur est celle de bois tendre et sucré.<br>Tu parlais de l’étagère. Tu disais, ça sent le bois frais.<br>(soupir)<br>C’est moi la criminelle<br>Moi qui aime tant les forêts<br>Tu es parti, j’ai renversé ma tisane sur l’étagère.<br>Là ça sentait vraiment le bois.<br>J’ai essuyé et inspiré.<br>Laisser vivre le bois<br>C’est pourtant<br>    la seule vie possible<br>//<br>Au bout du fil rupture jour 1<br>Trois ans plus tard, jour X rupture X<br>J’ai toujours dit que je n’y étais pour rien.<br>Tu as toujours dit que tu avais toujours dit que tu n’y étais pour rien.<br>Je n’y étais pour rien.<br>Rien.<br>//<br>Je ne raconte pas cette histoire.<br>Elle ne m’appartient pas, la fréquence d’aucun autre continent.<br>Je ne parle pas de ma peau<br>Je surface le monde.<br>//<br>Comme tu dis c’est un cas à part<br>Hélène<br>une voix à part<br>ou pas<br>baisable dans la langue des tyrans<br>et dans celle des barbares<br>bouche<br>salive<br>à l’intérieur<br>ça gicle tu sais pas si c’est le sang ou le sperme<br>Hashtag Grosse fatigue<br>La guerre de Troyes a eu lieu<br>On m’avait dit que la guerre était finie.<br>Après un génocide techniquement c’est pas tout à fait la même chose.<br>//<br>Il n’y a pas de disparition quand il n’y a pas d’apparition.<br>Tu as rêvé ma pauvre fille.<br>Les sorcières chassent les fantômes<br>    elles possèdent<br>    et<br>    elles désossent et réincarnent<br>Il faut courir dehors<br>    partout<br>    rouler voler<br>    dérouler les trottoirs<br>    les rues<br>    nous appartiennent<br>Rire grand éclat de rire<br>je pleurais en marchant dans la gare<br>Pas de réponse, à rien<br>La vie en suspension.<br>//<br>Qu’est-ce qui nous fabrique<br>Nous<br>Allumettes de bois d’Europe<br>Prêtes à cramer<br>Tu m’as dit que les flics s’étaient pointés<br>Je te demande : ça va ?<br>je te dis je suis là<br>je te dis si tu as besoin<br>Tu réponds<br>    je vais bouffer<br>t’es sérieux là ?<br>//<br>La guerre elle est jamais finie<br>Je te parle<br>Rien<br>//<br>Quelle guerre<br>//<br>disparition<br>//<br>être là<br>//<br>pour<br>//<br>qui<br>//<br>comment<br>//  </p>
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